
50 ans et on lâche rien
Basculer dans l'autre moitié du siècle ne signifie pas ranger ses rêves au fond de l'écurie. L'adrénaline, la fierté, le plaisir — tout est encore là.
Il y a quelque chose qui m'énerve un peu dans le monde équestre. Cette idée, jamais vraiment dite mais toujours un peu là, qu'à partir d'un certain âge, on devrait lever le pied. Se contenter de petites balades. Regarder les jeunes avec un sourire sage.
Non merci.
Une vie à cheval, avec des pauses
J'ai mis le pied à l'étrier à 8 ans. Depuis, la vie a fait ce qu'elle fait : elle m'a parfois éloignée des écuries. Le travail, les enfants, les coups durs. Ces absences, je ne les vis pas comme des pertes. C'était juste la vie, avec ses priorités qui changent.
Et entre ces pauses, j'en ai fait des choses. L'obstacle, avec ce moment juste avant l'envol où tout s'accélère. La monte américaine. L'éthologie à la Pat Parelli — un stage avec Andy Booth, ça ne s'oublie pas. Un peu de dressage. L'équitation de travail. Et puis galoper dans la mer bleue à Zanzibar…
50 ans, et alors ?
Aujourd'hui je suis dans l'autre moitié du siècle. Et franchement, je m'en fiche — dans le bon sens du terme. Je ne gravirai pas de grands podiums. Ce n'est pas ce que je cherche. Ce que je cherche, c'est ce truc qui se passe dans le ventre quand on engage vers un obstacle à 80 cm et qu'on le passe bien. Cette petite fierté toute personnelle. Ça, aucun âge ne peut vous l'enlever.
On rit encore, et beaucoup
Ce que j'ai perdu en souplesse, je l'ai gagné en calme. En confiance. En plaisir aussi, un plaisir plus profond qu'avant parce qu'on sait pourquoi on est là.
L'équitation n'a pas d'âge limite. Elle a des limites qu'on se fixe soi-même. Et on peut choisir de ne pas se les fixer.
« Quel défi, même petit, vous ferait ressentir cette fierté de vous être dépassé·e aujourd'hui ? »
Prenez un instant pour y penser lors de votre prochaine séance avec votre cheval.
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