
Je voulais avoir le choix
Après un accident grave, j'avais dit plus jamais. Quatre mois plus tard, j'ai changé d'avis. Pas héroïquement — juste parce que je voulais avoir le choix.
J'avais dit plus jamais.
Pas par caprice. Après un accident grave avec une jument que j'avais achetée, je n'avais plus envie d'entendre parler de chevaux. Elle m'avait marché dessus en tombant. Trois côtes cassées, le poumon et le foie touchés, une opération, une broche que j'ai encore aujourd'hui. Ma fille était là. Elle a tout vu.
Plus jamais, c'était sincère.
Pas héroïquement
Quatre mois plus tard, j'ai changé d'avis. Pas après une longue réflexion, pas dans un élan de courage. Juste parce que je voulais avoir le choix. Ne pas être forcée d'arrêter comme ça — sur une chute, sur une peur. Et je ne voulais pas que ma fille hérite de cette peur. Elle avait tout vu. Je voulais qu'elle me voie remonter.
Alors j'ai dit : une seule fois. Je remonte une seule fois, et c'est tout.
Je me suis retrouvée dans un cours débutants, terrifiée. Pas la peur qu'on se raconte — la vraie, celle qui est dans les mains et dans le ventre. Mais j'ai tenu. Et la semaine d'après, j'ai voulu recommencer. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Quelque chose s'était rouvert.
Le bon cheval
Le cheval que je montais n'était pas libre. On m'a dit de monter Amica.
Je n'ai pas eu peur. Pas parce que j'avais surmonté quelque chose, pas parce que j'étais guérie. Mais parce qu'elle, elle ne m'a pas fait peur. Quelque chose en elle m'a dit que c'était bon. Mon corps s'en souvenait, de cette sensation. Il attendait juste de retrouver le bon cheval.
C'est comme ça que tout a commencé.
Ce que la peur m'a donné
Sans cet accident, je ne serais pas avec Amica. La peur m'a changée. Elle m'a rendue plus patiente, plus à l'écoute. Je montais pour ma fille ce jour-là. Je suis restée pour moi.
Et si vous avez arrêté après un accident, après une peur, après des années de vie qui ont tout bousculé : vos mains se souviendront, votre assiette se souviendra, et votre cheval le sentira. Vous n'aviez pas arrêté. Pas vraiment. Et parfois c'est un cheval qu'on ne choisit pas vraiment qui change tout.
« C'est quoi le moment, ou le cheval, qui vous a fait remettre le pied à l'étrier ? »
Prenez un instant pour y penser lors de votre prochaine séance avec votre cheval.
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