Le trac avant un concours : le pire, c'est quand ce n'est pas mon tour
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RécitEn confiance18 août 2026

Le trac avant un concours : le pire, c'est quand ce n'est pas mon tour

La veille, je vérifie mon alarme trois fois. Le lendemain, en piste, je n'entends plus rien du tout.

Le trac, chez moi, a un rituel bien à lui. La veille, je vérifie l'alarme de mon téléphone. Une fois. Deux fois. Trois fois, pour être vraiment certaine. Ce n'est jamais la première vérification qui compte. C'est la troisième.

Trois fois, pas deux.

Le lendemain, le stress monte petit à petit. Pas un coup de trac soudain. Quelque chose de progressif, du matin jusqu'à l'entrée en piste.

Le paddock, puis la bulle

Au paddock, le stress reste gérable. Un peu de tension, rien de plus.

En piste, c'est différent. Le bruit environnant disparaît. Le public, la musique, les annonces au micro : plus rien. Comme si j'étais dans une bulle. Je n'entends même plus Amica avancer.

Je ne sais pas si c'est bon signe ou mauvais signe.

La Fédération Française d'Équitation décrit quelque chose qui ressemble à ça. Des athlètes racontent une victoire en l'associant à un moment où le temps se distord, où tout se déroule comme dans un rêve. Certains se voient même de l'extérieur. Ce n'est pas décrit comme un symptôme. C'est ce que les préparateurs mentaux cherchent à provoquer.

Est-ce que ma bulle est ça ? Je n'en sais rien. J'ai longtemps supposé que c'était le trac qui avait gagné. Ce n'est peut-être pas si simple.

Mon pire trac, ce n'est pas quand je monte. C'est quand ma fille fait un parcours d'obstacles. Là, je suis tétanisée. Les mains tremblent. Impossible de filmer correctement. Pas de bulle. Juste le stress, brut.

Je suis interdite de paddock avant ses parcours. Histoire de ne pas lui communiquer mon stress.

Le corps ne lit pas le programme

On connaît sa reprise. On connaît son parcours. On a tout répété.

Le trac est là quand même.

Le corps ne fait pas la différence entre un vrai danger et une évaluation. Connaître le tracé calme la tête. Ça ne calme pas le corps. La peur vient des zones anciennes du cerveau, celles qui déclenchent avant qu'on ait décidé quoi que ce soit.

Un parcours d'obstacles ajoute une variable en plus : l'imprévisible. L'obstacle peut tomber. Le cheval peut refuser. La préparation réduit le risque. Elle ne l'annule pas.

Les fleurs de Bach. La méditation. Beaucoup de choses, essayées les unes après les autres. Rien ne marche vraiment. Alors je fais avec.

Même les meilleures tremblent

Charlotte Dujardin, triple championne olympique de dressage, raconte qu'à quelques secondes d'entrer en piste à Rio, elle a dit à son entraîneur Carl Hester qu'elle ne pouvait pas monter. Une peur qu'elle n'avait jamais ressentie en dix ans à ses côtés.

C'est son cheval, Valegro, qui l'a calmée. En trottant, simplement, autour de la carrière.

Carl Hester, lui, se répète une phrase avant chaque entrée en piste : ce n'est que du dressage. Pas une question de vie ou de mort.

Deux techniques différentes. Le même constat : le trac ne disparaît jamais vraiment.

Ce qu'on donne au cheval

Pour Amica, il existe des seringues. Du tryptophane, vendu partout, présenté comme la solution. C'est un acide aminé, précurseur de la sérotonine. Le raisonnement paraît solide.

Sauf que les études menées depuis les années quatre-vingt-dix ne montrent aucune preuve sérieuse d'un effet calmant chez le cheval. Certaines données suggèrent même un léger effet stimulant. L'inverse de ce qu'on cherche.

Et pourtant, parfois, ça semble marcher. L'explication tient en une phrase. La cavalière qui a donné la seringue est persuadée que son cheval sera calme. Alors elle se détend. Ses mains tremblent moins. Le cheval sent ce changement et se détend pour de vrai.

Le produit n'a rien calmé du tout. C'est la cavalière qui a changé.

Ce qui pose une vraie question. Si c'est la cavalière qu'il faut calmer, pourquoi c'est au cheval qu'on donne quelque chose.

Pour Amica, il y a des seringues. Pour moi, il n'y a rien.

Elle porte les deux

Amica sent tout. Le concours, les camions, les chevaux qu'elle ne connaît pas. Elle a déjà son propre stress à gérer.

Et par-dessus, il y a le mien. Elle le sent avant moi, elle le porte pendant que je le nie.

Je vérifie mon alarme trois fois la veille. Comme si le problème était là.

Trois fois, pas deux. Elle, elle n'a rien à vérifier. Elle attend juste de savoir dans quel état j'arrive.
Moment de réflexion

« Et vous, c'est quoi votre rituel pour apprivoiser le trac avant d'entrer en piste ? »

Prenez un instant pour y penser lors de votre prochaine séance avec votre cheval.